Pourquoi est-il difficile de sortir seul du conflit ?
J’ai identifié 3 obstacles majeurs qui vous empêchent de sortir des conflits au travail.
1 – La peur du conflit.
Peut-être que vous hésitez à parler des problèmes qui fâchent.
Par crainte de blesser vos collaborateurs ou d’être mal perçu.
Vous préférez reporter les discussions difficiles de peur d’aggraver les tensions.
Vous fuyez le conflit.
2 – Le manque de méthode.
Vous avez essayé de recadrer les personnes, d’arranger la situation.
Vous n’arrivez pas à trouver les bons mots pour aborder les sujets délicats.
C’est comme si vous ne parliez pas le même langage que l’autre.
Vous manquez de techniques de communication.
3 – Vous pensez avoir tout essayé.
Vous avez tapé à la porte d’avocats.
Payé des formations en management, du coaching.
Fait faire un audit, attendu que la situation se calme d’elle-même.
Vous vous sentez démuni.
Quel est le coût des conflits en entreprise ?
Les conflits coûtent cher aux entreprises, quelle que soit leur taille et leur secteur :
1 mois de travail perdu par an et par salarié à cause des conflits.
Coût annuel d’un conflit en PME : de 100 000 à 600 000 €.
C’est couteux, surtout quand on sait que 80% des médiations aboutissent à un accord, et qu’elle dure en moyenne 90 jours.
(Sources : Observatoire du Coût des Conflits au travail, OpinionWay 2021 ; Baromètre CMAP 2022)
Et si l’accompagnement ne résoud pas les tensions ?
Il y a trois raisons majeures pour lesquelles les tensions au travail durent :
- Vous faites toujours plus de la même chose
- Vous attendez que les autres changent
- Vous n’avez pas les bonnes techniques
Ces trois points sont les sujets qu’on va travailler ensemble.
Si les tensions ne s’apaisent pas après l’accompagnement, c’est que le problème vient d’ailleurs : soit les personnes ne sont pas clientes du changement, soit vous n’êtes pas à la bonne place dans le système.
Dans les deux cas, l’accompagnement vous permet de trouver d’où vient le problème et de ne plus perdre de temps et d’énergie dans une stratégie inefficace.
Quels sont les signes qui doivent alerter en cas de conflit au travail ?
Voici quelques indices pour reconnaitre les symptômes d’une crise relationnelle au travail :
•des violences (soit verbales, soit physiques)
•des personnes qui ne se parlent plus
•des conflits portant sur les valeurs/la position/ l’éthique
•des désaccords qui durent
•l’utilisation de termes pour qualifier la situation comme par exemple « harcèlement », ou des personnes qui se sentent « oubliées », « dévalorisées », « incomprises », « manipulées », “en burn out”…
Un Dirigeant a t‑il une obligation de mener une enquête pour harcèlement ?
Ce qui incombe à l’employeur est relatif à son obligation de moyens ET de résultats pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs.
Voici deux articles que nul n’est censé ignorer :
Article L4121‑1 du Code du Travail : L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent :
1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161–1 ;
2° Des actions d’information et de formation ;
3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.
Article L1152‑6 du Code du Travail: Une procédure de médiation peut être mise en oeuvre par toute personne de l’entreprise s’estimant victime de harcèlement moral ou par la personne mise en cause. Le choix du médiateur fait l’objet d’un accord entre les parties. Le médiateur s’informe de l’état des relations entre les parties. Il tente de les concilier et leur soumet des propositions qu’il consigne par écrit en vue de mettre fin au harcèlement. Lorsque la conciliation échoue, le médiateur informe les parties des éventuelles sanctions encourues et des garanties procédurales prévues en faveur de la victime.
Faut-il faire une médiation entre deux personnes seulement, ou tout le service ?
Il est d’usage de commencer une médiation avec les personnes qui souffrent le plus de la situation et qui sont volontaires pour que ça change au moment T. Le périmètre peut s’élargir ensuite à une équipe, à un service.
Est-ce qu’il peut y avoir une enquête en même temps qu’une médiation ?
Lorsque l’employeur diligente une enquête pour harcèlement moral (en interne ou en externe), il y a parfois de la place pour une remise en discussion. Au début de l’enquête, cela permet aux volontaires de dénouer des malentendus qui ont conduit l’une des parties à se sentir “harcelée”. Après l’enquête, ou si les personnes sont amenées à retravailler ensemble, la médiation peut aider à revenir à son poste plus sereinement.
On ne va pas changer les personnes, alors pourquoi une médiation ?
Parce qu’une médiation est un moyen de travailler au potentiel d’une relation. Si des personnes sont amenées à travailler ensemble, il se peut que des malentendus, des désaccords soient à l’origine de leur conflit. La médiation est un moyen de désescalader ces tensions et leurs effets, pour que chacun se responsabilise et trouve des solutions acceptables.