La loi stipule que “l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ” (C. travail, art. L.4121–1 et L. 4121–2).
Cette obligation de prévention vise l’ensemble des risques : physiques mais également les risques psychosociaux.
Alors que les juges ont d’abord retenu l’obligation de résultat à l’égard de l’employeur, l’obligation qui pèse désormais sur les employeurs s’analyse désormais au sens de l’obligation de moyens renforcés.
Quelles sont les conséquences ?
L’employeur doit montrer qu’il a réfléchi et mis en oeuvre toutes les mesures permettant de faire cesser les risques – et par là même peut être condamné s’il ne l’a pas fait. (Cass. soc. 27 juin 2018, n°16–22.622).
En d’autres termes, il lui appartient de prouver qu’il a tout mis en oeuvre pour éviter la survenue des risques.
Quelles mesures prendre selon les effectifs de l’entreprise ?
Pour les entreprises de moins de 50 salariés, l’employeur est tenu de définir les actions de prévention, et les consigner dans le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP), tenu à jour.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur doit fournir une liste détaillée des mesures pouvant être prises au cours de l’année à venir, y compris les mesures de prévention des effets de l’exposition aux facteurs de risques professionnels, les conditions d’exécution de chaque mesure, les indicateurs de résultat, l’estimation des coûts. Un calendrier est fortement recommandé, ainsi que la consultation du CSE sur ce programme.
Comment vous mettre en accord avec la loi ?
En tant qu’employeur, vous pouvez décider de faire vous-même cette estimation des risques, ou de faire appel à un expert.
Un consultant en risques professionnels et risques psychosociaux, un expert agréé IPRP par la DREETS, par exemple.
Votre interlocuteur doit avoir des connaissances et de l’expérience dans les actions de prévention des risques (professionnels et psychosociaux), dans des actions d’information et de formation, et dans l’organisation du travail et ses moyens adaptés.
Il faut avoir en tête que les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement, les conflits… sont des thématiques fréquentes en entreprise, et constituent également des risques pour les salariés.
Et la médiation dans tout ça ?
La loi précise que “une procédure de médiation peut être mise en oeuvre par toute personne de l’entreprise s’estimant victime de harcèlement moral ou par la personne mise en cause.” (L 1152–6).